La restauration se met à l’économie circulaire

Depuis quelques semaines, on assiste à de nouveaux signes très encourageants pour la mise en place de l’économie circulaire notamment à Paris où un syndicat de restaurateurs vient de faire une annonce intéressante. En effet, le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers, traiteurs (Synhorcat, majoritaire dans la restauration traditionnelle de la capitale) commence un test de collecte des déchets alimentaires. Pendant 6 mois, 80 restaurants vont valoriser leurs déchets alimentaires pour les transformer en fertilisants ou énergies.

Autocollant sur une vitrine de restaurant parisien

L’initiative permet de démontrer toute la pertinence de l’économie circulaire sur différents points de vue :

> économique, au lieu de simplement brûler ces biodéchets mélangés à d’autres déchets, ceux-ci sont valorisés sous différents formes (fertilisants, électricité et chaleur) et permettent de créer des emplois locaux. Cette collecte différenciée permet une amélioration de la marge des restaurants à environs 0,5%. De même, les promoteurs du projet affirment que « 200 tonnes de biodéchets représentent l’équivalent de l’alimentation en électricité et le chauffage de 20 foyers pour un an et 20 hectares de terre enrichie ».

> environnemental, en donnant une nouvelle vie à ces biodéchets sous forme de fertilisants, on permet aux agriculteurs de ne pas faire appel à des produits chimiques et donc de limiter l’utilisation de nouvelles matières premières.

> légal, la législation concernant le traitement des déchets est en train de devenir de plus en plus exigeante avec les biodéchets. En moins de 4 ans, le seuil obligatoire de valorisation des biodéchets est en train de passer de 120 tonnes en 2012 à 10 tonnes en 2016, soit, selon les estimations, l’équivalent d’un restaurant servant 180 couverts par jour.

> local, non seulement de nouveaux emplois locaux sont créés, entre la collecte et le traitement de ces déchets. En plus, les fertilisants et les nouvelles sources énergétiques sont utilisés localement puisque ce sont des agriculteurs de l’Essonne qui utilisent ce nouveau produit : le digestat, qui soit dit en passant est 50 à 60 euros moins cher
par hectare épandu
.

> expérience client, cette prise de conscience a permis aussi à certains restaurateurs de mieux estimer les portions et donc d’apporter la juste quantité dans l’assiette. D’autres ont finalement adopté la principe très répandue aux États-Unis du Doggy Bag, de quoi permettre là aussi de manger à sa juste faim plutôt que de se forcer à finir…

Cette pratique a d’ailleurs de grandes chances de se développer en France puisqu’un entrepreneur vient de lancer sur KissKissBankBank la boite anti-gaspillage pour les restaurants. N’hésitez pas à aller jeter un oeil également sur le site du projet.

La boite anti-gaspillage avec de la viande dessus

Via Les Echos et Restauration 21.

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