Rencontres

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D’Days 2014 / Design in the City 0

Lors de la dernière édition des designer’s days, Wiithaa était invité à présenter sa vision du design appliqué à la ville. Pendant cette table ronde animée par Anna Bernagozzi, plusieurs intervenants était réunis comme
– Caroline Naphegyi (Design for Change)
– Laurent Garbit (Petit(s) Paris)
– Albert Asseraf, (JC Decaux Directeur Général Stratégie, Etudes & Marketing, Professeur Associé au CELSA – Paris Sorbonne)
et Nicolas pour Wiithaa.

L’idée était de répondre à la question « Le design a-t-il un rôle à jouer dans l’espace public urbain ? Peut-on identifier une approche particulière ? »

L’occasion pour Nicolas de présenter notre vision du design appliqué au contexte de la ville : rendre la ville circulaire et résiliente. L’intervention de Nicolas commence à partir de la 10ème minute, les slides sont intégrées dans l’outil.

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« Le biomimétisme au service de l’économie » 2

Ce n’est pas la première fois que Wiithaa vous parle de biomimétisme. En France, de multiples acteurs s’intéressent de plus en plus à cette discipline, les évènements sont de plus en plus nombreux.
En ce mois de mars, nous avons assisté à deux nouvelles conférences : une première portait sur la définition générale du biomimétisme et la seconde correspondait à l’annonce de l’ouverture du Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis (CEEBIOS).

Le biomimétisme serait en quelque sorte une « bio-inspiration ».

A la maison de la Chimie, Gilles Bœuf, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle et professeur au Collège de France, s’est lancé dans une définition globale du biomimétisme. Pour lui, c’est « une approche intellectuelle, l’étude de la nature, afin d’en tirer des développements technologiques, concevoir des matériaux, des stratégies économiques. C’est une véritable opportunité pour la transition écologique. Il faut s’inspirer des formes, des mécanismes, des relations durables établies de la biodiversité. Il faut développer une culture de l’impact de l’entreprise. Ce n’est ni une science, ni une discipline mais une recherche fondamentale inspirée du Vivant, une science de l’ingénieur et de l’entreprise ».
Il cite l’exemple des Shinkansen (les TGV japonnais) qui ont été « non seulement inspirés de la forme du martin-pêcheur quand il pénètre dans l’eau mais ont, en plus, un revêtement inspiré des ailes de hibou pour ne pas faire de bruit ». En effet, les ingénieurs japonnais ont réduit la consommation électrique de 15% et augmenté la vitesse de 10%.

Une photo d'un TGV japonnais et un martin pecheur.

Ensuite, Tarik Chekchak, Secrétaire du Comité Français de Biomimicry Europa et Directeur Sciences Environnement de l’équipe Cousteau en Europe, s’est montré très ambitieux sur le biomimétisme. Il compare les éco-systèmes à des services d’approvisionnements, des services de régulation, culturels et d’appuis d’une vie organisée qui sont de véritables exemples inspirants pour l’Homme.
En effet, comment se baser sur l’énergie solaire qui est la principale source d’énergie de la faune et de la flore? Sur l’eau qui est un solvant universel ? Comment fabriquer à température et pression ambiantes comme le font de nombreuses espèces depuis des millions d’années ? Et enfin comment gérer et mieux partager l’information ?
La société, l’entreprise ont besoin d’avoir « un cap enthousiasmant » qui se basent sur trois aspects : LA FORME + LE PROCESSUS + LE SYSTEME.

« Penser co-produit et non déchet »

Il faut adapter les formes aux fonctions, réaliser un design multifonctionnel (ex. des trains Shinkansen), capter de l’énergie comme une feuille (pour des gels, des peintures, des vitres), fabriquer du gaz comme une vache ou les termites, coller comme une moule sur les rochers, cicatriser comme une peau, considérer un déchet comme un produit pour quelqu’un d’autre en s’inspirant de l’économie circulaire, « penser co-produit et non déchet ».
S’en sont suivis des témoignages de grands groupes industriels, tels qu’ EIFFAGE, qui s’appuie sur le biomimétisme au sein de son laboratoire « PHOSPHORE » afin d’imaginer et de concevoir des solutions innovantes et durables à tous égards en matière de mobilité, d’habitat et d’aménagement des espaces.

Ensuite, INTERFACE, fabricant de moquettes, est également intervenu. Le fondateur Ray C. Anderson, avait pris conscience de la problématique environnementale dès le milieu des années 90. Il a alors décidé que son entreprise allait devenir réellement durable d’ici à 2020. Il avait baptisé cet objectif « Mission Zéro » et continue d’élaborer une approche selon laquelle les entreprises peuvent transformer leur modèle traditionnel économique pour y intégrer le développement durable.

interface-moquette

Enfin, EEL ENERGY, une start-up a présenté sa solution directement inspirée de la Nature. En effet, l’entreprise a mis au point une hydrolienne à membrane ondulante, qui s’adapte aux courants, pour la récupération d’énergie des courants marins et qui s’apprête à la tester grandeur nature en France près de Boulogne-sur-Mer.

hydrolienne-membrane-ondulante

De nombreux acteurs étaient également présents pour l’ouverture du Ceebios. Ce campus situé à une quarantaine de kilomètres de Paris, non loin de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, va permettre de réunir, pour la première fois en Europe, sur un site de 10 hectares, compétences, innovation, entrepreneurs, recherche et développement sur ce thème.

Le principe repose sur quatre fondamentaux :
– La formation : des formations continues destinées aux professionnels et même pour les étudiants en BTS et en mastères spécialisés entre autres.
– La recherche : des équipes pluridisciplinaires et plurisectorielles mêlant scientifiques et ingénieurs réunis dans des laboratoires mutualisés et sur des terrains d’expérimentation divers.
– L’initiative économique via un Business Campus : dédié aux PME, TPE et Start-Up. Les entreprises spécialisées et innovantes qui pourront surtout bénéficier d’un effet « réseau direct » sur leur filière.
– La promotion via un pôle Congrès & Conférences : lieu de rendez-vous réguliers et de réunions pour accueillir industriels, scientifiques et publics lors d’évènements divers et variés.

Ce centre apparaît comme un outil exceptionnel pour permettre au biomimétisme de se démocratiser au plus vite.

Ces quelques évènements étaient véritablement inspirants et permettent de penser que le biomimétisme a une véritable chance de prospérer ici en France pour inspirer de nouvelles innovations en harmonie avec la Nature mais aussi cohérentes d’un point de vue économique.

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Conférence / Vers une économie circulaire 0

Hier, au Conseil Economique, Social et Environnemental à Paris avait lieu une conférence sur l’économie circulaire avec pour invité de marque Ellen MacArthur. En effet, l’ex-navigatrice a fondé il y a déjà 3 ans une fondation pour promouvoir l’économie circulaire avec 3 axes d’actions principaux : les grandes entreprises, l’éducation et les politiques. Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises la fondation, et si nous remontons un peu plus en arrière, c’est même un des catalyseurs initiaux de Wiithaa à titre personnel.

Après une très bonne introduction de Jean-Paul Delevoye, plusieurs experts prestigieux sont intervenus, de Nicolas Hulot à Delphine Batho en passant par différents entrepreneurs et responsables d’institutions.

Introduction du président JP Delevoye

Je ne m’étendrai pas sur les positions de chacun puisque, le plus marquant, c’est le fort consensus qui se dégage au fil des interventions.

D’abord, au niveau du constat, les personnes présentes semblent désormais bien conscientes que nous ne sommes plus dans une simple crise, étant donné la durée, mais en plein milieu d’une métamorphose, d’un changement de système. Nous sommes au début d’une « période passionnante » où des choix de civilisation s’imposent au moment même ou l’économie linéaire ne peut plus convenir étant donné la finitude des ressources et le nombre grandissant d’habitants sur la planète.

Intervention d'Ellen MacArthur au CESE

Ensuite, sur la direction à prendre, l’économie circulaire est une démarche fédératrice, qui pousse au partage entre les acteurs aussi bien d’informations, d’idées que de ressources. Elle apparait aussi comme un courant de pensée positive à l’heure ou les modes de pensées classiques, communisme, écologisme, libéralisme entre autres, sont morts ou arrivent à bout de souffle. C’est l’alternative optimiste qui permet de fédérer à l’heure ou les hommes et partis politiques ne parviennent plus à mobiliser autour d’idées mais uniquement, et non sans mal, autour de plans court-termistes.

Intervention de Delphine Batho

Cette direction impose des changements également au niveau de la méthode, la collaboration entre les acteurs devient indispensable et surtout désirée dans la plupart des cas. Une véritable rupture est nécessaire et beaucoup sont conscients que la prise de risques ne doit plus être taboue.

L’économie circulaire apparait comme le modèle de société qui permettra de sortir de la société de consommation à outrance. Une société ou le statut n’est plus déterminé par ce que l’on achète mais par ce que l’on est. Elle permet à chacun de redevenir responsable de ses actes. En quelque sorte, un passage de la société de l’acquisition à une société de l’épanouissement devient réalisable.

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4 questions à Sabine Blanc 0

Samedi 16 février, la deuxième édition de l’Open Bidouille Camp aura lieu au FacLab de Genneviliers.

Affiche Open Bidouille Camp

Wiithaa sera présent et proposera un atelier pour réaliser une table modulaire. En attendant, on a posé 4 questions à Sabine Blanc, une des grandes journalistes de la regrettée soucoupe, qui est la présidente de l’association Open Bidouille.

Est-ce que tu peux nous décrire ton parcours et finalement comment tu en es venue à la bidouille / l’upycling ?

À la base, je suis plutôt une caricature : deux masters (littérature et journalisme), mais pas fichue de me servir d’une perceuse ou de comprendre comment fonctionne une pile électrique. J’ai commencé à suivre les thèmes du hacking et du DIY à Owni voilà un peu plus de deux ans. Les enjeux politiques, au sens premier du terme, sont si forts que j’y ai vite consacré une bonne partie de mon temps, jusqu’à faire un ebook dessus avec mon ex-collègue photoreporter Ophelia Noor.

À un moment donné, à force d’écrire, j’ai fini par avoir envie de passer de l’autre côté du miroir, pour passer à la pratique. Owni a donc co-organisé le premier Open Bidouille Camp le 22 septembre dernier à Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen.

Y-a-t-il des personnes qui t’inspirent dans le domaine ? Si oui, lesquels et pourquoi ?

Je suis une grande fan de Mitch Altman, un hacker américain qui a parcours le monde six mois par an pour apprendre aux gens à souder et les inciter à avoir confiance en leurs capacités créatrices. Il a aussi inventé la TV-B-Gone, une télécommande universelle avec un seul bouton, pour éteindre la télévision. Il a plaqué une vie assez facile mais qui ne le satisfaisait pas pour vivre en accord avec lui-même, après une période longue de dépression. Et maintenant, il dégage une sérénité incroyable.
Après, les pratiques actuelles, en réseau, ont tendance il me semble à faire disparaitre les individus au profit des communautés qui portent des projets.

Quelles sont les meilleures initiatives dans le domaine (celle que tu suis attentivement) ?

La façon dont Detroit essaye de renaitre sur les ruines de son prestigieux passé industriel est extrêmement intéressante. Un web doc est en cours à ça sujet. Je suis aussi avec attention Gemsi, une association fondée par Bilal Ghalib, un Américain d’origine irakienne qui aide la création de hackerspaces/makerspaces dans les pays en développement. Grâce à des fonds levés sur Kickstarter, il a ainsi pu se rendre en Irak.
Même s’il n’est pas certain que ce soit la révolution qu’on annonce, l’équivalent de ce que fut le PC au XXème siècle, je regarde de près ce qui se passe autour de l’impression 3D grand public.
De même, les fab labs, notre ministre du Numérique Fleur Pellerin a annoncé qu’elle en voulait partout (sic). On devrait en entendre beaucoup parler cette année, et il faudra regarder attentivement dans quelle mesure ce concept avec des valeurs de partage, d’éducation et d’ouverture fortes ne va pas faire l’objet d’un détournement sémantique avec des fab labs auto-proclamés qui vont pousser dans tous les sens.

Quels sont tes projets à moyen et long terme avec l’association Open Bidouille Camp ?

Nous voulons consolider par des événements réguliers l’élan initial. En Île-de-France, nous visons 4 OBC par an, et autant que les gens le souhaitent en province, puisque l’organisation est décentralisée. Ce qui nécessite des fonds un peu plus conséquents que les bénéfices sur la vente des sandwiches. Nous allons donc ouvrir les adhésions, faire une collecte pour nous soutenir la première année, en attendant des subventions. Et bien sûr toujours des sponsors, à partir du moment où ils respectent la charte.

Un grand merci à Sabine pour le temps qu’elle nous a accordé et à samedi prochain pour le 2ème OBC.

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De nombreuses personnes parlent de l’upcycling et d’économie circulaire, Wiithaa s’entretient avec eux.